Le masque à Venise

Venise ville d’art… contemporain
VENISE AUTREMENT

 

Les gondoles, l’eau, les gondoles, l’eau et les gondoles. Les deux passant sous des ponts, qu’ils soient Rialto ou des Soupirs. Le cliché est justifié mais réducteur : Venise est autrement plus riche que ça. Et quand elle s’attaque l’art contemporain, la Sérénissime surprend et impressionne.

 

 

 

Venise ville d’art… contemporain
VENISE AUTREMENT

L’avant-gardistissime

Grand Canal, l’arrière du vaporetto. Comme son habitude, le chauffeur accoste avec la finesse d’un bûcheron ivre, jetant son bateau contre l’embarcadère. Les façades rougeoyantes, la ligne des palais et des immeubles vieux de plusieurs siècles, les dizaines de canaux secondaires : la légendaire Venise se déroule sous nos yeux ébahis. Soudain, un reflet. Rose. Rose bonbon même. Un chien, gonflable apparemment, version géante des ballons que seuls les clowns habiles savent modeler sans éclater. Mais que diable fait-il ici ? Il faut se rendre l’évidence : Jeff Koons a débarqué. Son chien trône devant le Palazzo Grassi, récente acquisition du milliardaire français François Pinault. Parfaitement rénové, lumineux et spacieux, le palais était prêt accueillir la collection de son nouveau propriétaire.

L’entrée est enchanteresse et significative de la réussite esthétique du lieu : le cadre marbré, au luxe passéiste, s’unit la perfection avec la légèreté de l’installation d’Urs Fischer, pétales orangés en suspension. L’exposition temporaire, ‘La Joie de vivre’, consacrée Pablo Picasso, se concentre sur les années 1945 1948, très marines, dominée par le triptyque qui a donné son nom la manifestation. La démarche, originale, se veut la plus précise possible : quasiment tous les travaux réalisés durant ces 36 mois Antibes sont organisés par ordre chronologique et scrupuleusement datés. De quoi permettre de suivre le cheminement de l’artiste qui enchaîne les dessins avant de s’atteler sa toile, travaille autour d’un même thème avant de s’en lasser, multiplie les versions d’une même oeuvre. Didactique avant d’être esthétique, l’exposition dénote une vraie réflexion et étale déj toute l’ambition de ce nouveau lieu phare de l’art.

Mais la vraie nouveauté du Palazzo Grassi réside dans la collection de François Pinault, une collection qualifiée de “post-pop”, héritière du pop art. Le chantre du kitsch tendance Jeff Koons y présente ses travaux enfantins modelés dans un acier qu’on jurerait plus léger qu’un ballon de baudruche, l’image donc du chien du Grand Canal. Autour de lui, tous les artistes qui comptent sont l : Damien Hirst et ses vaches découpées en tranche, Takashi Murakami et son ‘Inochi’, personnage imaginaire l’inspiration manga, ou encore Ed Ruscha. Signalons aussi Maurizio Cattelan et son marquant ‘Him’ : un bambin de dos, agenouillé, qui prie tranquillement dans un coin de la pièce. La curiosité nous incite le contourner pour découvrir son visage... surprenant (le suspense reste entier). Par son humour noir ou décalé, sa dénonciation de notre société, l’art post-pop se présente comme un conglomérat perturbant et provocateur, pur produit de l’art protéiforme et débridé du XXIe siècle, tâchant de répondre cette simple question : o allons-nous ? Visiblement, la réponse n’est pas claire : soit l’amour triomphera… soit nous finirons avec un pénis la place du nez (Jake et Dinos Chapman), bourrés de médicaments (Damien Hirst). Dur de se décider.

Suite : La Sérénissime, encore et toujours

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La Sérénissime, encore et toujours
Source : http://www.evene.fr/lieux/actualite/venise-art-palazzo-grassi-guggenheim-museum-682.php

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